“Naître femme est le pire des châtiments.” Federico Garcia Lorca

Il y a tout un questionnement autour de la condition féminine. En tant que femme, il faudrait se positionner sur ces questions, avoir un avis tranché, brandir le drapeau du féminisme pour défendre vaillamment sa gente.

C’est risible. Qui n’a jamais entendu ces femmes clamant sur tous les toits qu’elles sont féministes et qui, telles des paradoxes personnifiés, agissent comme les domestiques du sexe fort? En effet, il ne suffit pas d’avoir des idées, des convictions, il faut aussi les vivre. C’est toujours mieux pour la crédibilité.

Quand on me pose la question de savoir ce que j’en  pense, je suis claire, je n’en pense rien. Non. Je n’ai rien à penser sur la condition féminine, sur le féminisme, sur la place de la femme, tout simplement car je suis un être humain, au même titre qu’un homme. Ainsi, il me parait donc évident que je n’ai pas à me battre pour m’imposer ou pour faire valoir mes droits. Il va de soi évidemment que je parle de ma condition en France et que si j’étais Indienne ou Saoudienne, je penserais peut-être autrement.

Toujours est il que je ne me considère pas comme inférieure à l’homme et que je n’estime pas que certaines tâches ménagères me sont réservées parce que j’ai un utérus. Le problème c’est que certaines, les mêmes qui se réclament du féminisme et qui s’imaginent libres et émancipées, contribuent à faire penser à nos amis les hommes que tout ce qui porte jupon doit manier le torchon et la serpillière.  Grâce à leur magnifique respect pour elles mêmes et, par extension,  pour l’ensemble de leur sexe, on se retrouve, je me retrouve, à devoir me justifier de choses qui semblent tout droit sorties d’un vaudeville. On atteint alors les fosses mariannes du navrant. Ne pas avoir fait à manger devient un crime de lèse-majesté envers l’homme qui travaille, lui, -la femme a, semble-t-il, des hobbies rémunérés- ne pas avoir repassé est passible de coups de fouets et ne pas avoir nettoyé les toilettes mérite la chaise électrique. Ne pas faire ses tâches fait de nous, femmes, d’horribles mégères, incapables de tenir le foyer et de contenter l’homme. Si en plus vous avez mal à la tête et donc pas envie d’entamer une carrière de gymnaste de chambre, on envisage de vous envoyer au goulag pour l’exemple. Et oui! Car l’homme qui a fréquenté, de prêt ou de loin, ces féministes de façade, pense que la femme a une place bien délimitée et qu’elle serait gentille d’y rester.

La vraie question à se poser c’est pourquoi ces femmes, les féministes en carton, ont elles tant besoin de jouer le rôle de Cendrillon, la pantoufle de vair en moins? Si on réfléchit 2 minutes -attention, cela peut déclencher une migraine pour qui n’est pas habitué- il paraît évident que c’est parce qu’elles croient (oui, le verbe croiver n’a jamais existé, deuxième migraine en vue) qu’en se comportant ainsi elles se rendront indispensables au mâle qui, de ce fait, leur vouera un culte éternel et restera à la maison. Sans doute cela marche-t-il pour certains hommes, heureusement pas sur les plus évolués d’entre eux qui demandent autre chose à leur femme que d’être la femme de ménage. Néanmoins, et je sais de quoi je parle, m’étant moi même égarée pendant quelques temps dans les pas de Cendrillon, il faut bien que nos copines les féministes de pacotille réalisent une chose: le jour où vous ne ferez pas à manger/le lit/la brouette thaïlandaise, on vous vouera aux gémonies comme la sorcière que vous êtes. Parce que la reconnaissance, vous pouvez vous asseoir dessus puisque ce que vous avez fait durant un temps, la conchita/ la cuisinière/ la repasseuse, est N O R M A L. Certains hommes demandent apparemment à leurs femmes de jouer le rôle d’une maman d’un enfant de 4 ans, maman qu’ils quitteront quand vous aurez oublié de leur torcher le derrière ou, pire, que vous aurez refusé (on ne refuse rien à un homme malheureuses!) pour courir dans les jupons d’une autre maman, plus gentille, elle (pour peu qu’elle soit plus belle et plus souple -cf la brouette thaïlandaise- on réécrit Blanche-Neige, les nains en moins).

Alors, si on me reparle du féminisme, et qu’on me demande ce que j’en pense, je dirais la même chose: je n’en pense rien, je n’ai pas à me battre pour être l’égale de l’homme car je le suis de facto. Par contre, je ne manquerais pas de dire merci à toutes ces femmes ambivalentes. Merci pour rabaisser chaque jour un peu plus la femme. Merci de faire croire aux mâles qu’ils sont trop merveilleux, trop forts, trop beaux pour  tenir un foyer. Merci pour les générations de petites filles qui arrivent et qui vont se coltiner les tâches ménagères car certains penseront que c’est comme ça que tourne le monde.

Décidément, à cause de certaines femmes qui acceptent tout et qui en redemandent, naître femme est le pire des châtiments.

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