« Là où règnent force intérieure et confiance en soi, disparaissent méfiance, peur et doute ». Dalaï Lama

La confiance en soi… Vaste question, vaste programme. Une notion un peu nébuleuse. Oui. Tout le monde a déjà entendu une personne bien intentionnée prononcer cette phrase magique: « Mais prends confiance en toi! ». Et tout le monde s’est demandé comment faire. Car il ne suffit pas de le vouloir, il ne suffit pas de se le répéter comme un mantra, ça se saurait et tout le monde pratiquerait la méthode coué, à grands coups d’écoutes de  « Simply the best » et « Eyes of the tiger ».

Evidemment, je ne sais pas plus que les autres comment acquérir cette confiance qui confine au Saint Graal car, comme pour beaucoup de gens, la mienne est vacillante. Je sais simplement que ne pas en avoir, ou en avoir une infinitésimale, fait accepter l’inacceptable. Oui. Parce le problème quand on a une estime oscillante est que l’autre est vu soit comme un sauveur, soit comme quelqu’un de mieux: plus beau, plus intelligent, plus drôle, plus tout. Donc, forcément, face à cet autre qui vaut mieux que nous, on se sent comme une pauvre petite chose sans importance qui doit montrer sa valeur. On veut prouver que l’on vaut la peine. Et c’est à ce moment précis que commencent les ennuis en cascade pour peu que celui/celle en face ait senti la faille et décide d’en profiter. J’imagine que c’est une réaction courante, du moins pour certaines personnes qui, donc, vont alors profiter de cette absence de confiance pour redorer la leur et leur ego. Et cela ressemble à s’y méprendre à de la maltraitance. Oui. Pas besoin qu’elle soit physique pour être réelle. On peut bien évidemment supposer que la maltraitance n’est pas volontaire, mais je doute, pensant qu’il y a une forme de jouissance, pour certains s’entend, à jouer avec d’autres. Mais, le pire c’est que la personne qui en est victime est finalement complice de ce mauvais traitement. En effet, par manque d’estime d’elle-même, elle va supposer que c’est normal, qu’elle le mérite, qu’elle ne vaut pas davantage. Et elle va donc en redemander, chercher le peu d’attention accordé par l’autre, mis sur un piédestal, mendier de l’intérêt en somme, ce qui est hyper valorisant pour l’autre. Sauf que pour la personne en manque de confiance c’est tout à fait l’inverse! Plus elle va quémander de l’intérêt qu’elle n’aura pas, plus elle se sentira minable, et plus elle se sentira minable, plus elle quémandera de l’intérêt. Magnifique cercle vicieux vers les abîmes de l’image de soi…

Je le disais, je ne sais pas plus que les autres comment acquérir ce Graal. Enfin, plutôt comment le garder, le rendre pérenne. Oui, parce que je crois que je l’ai touché du doigt. Enfin. Je crois que j’ai aperçu la lumière et  le lion a secoué sa crinière, pour citer Manset. J’ai eu une sorte d’épiphanie donc. Récemment, sans que je ne sache comment ni pourquoi. J’ai réalisé que je valais mieux que l’image que l’on me renvoyait. J’ai réalisé aussi que cette image était en partie de ma faute, que je m’étais laissée faire. Et cela a déclenché une colère, profonde, contre moi et contre les autres. Contre moi, d’abord, car j’ai accepté ce qui dépasse mon entendement, car je m’en suis rendue triste, malade. Je me suis dépréciée. Bêtement. Puis, j’ai été en colère contre ceux qui ont profité de la faille, qui se sont engouffrés dedans, consciemment ou pas. Qui ont joué, qui ont grandi leurs ego en abaissant le mien, avec ma complicité. Peu importe leurs raisons, peu importe que ce soit fait avec l’intention de nuire ou pas. Cela a été fait. Et avec mon accord tacite puisque je n’ai rien dit, au contraire. Mais j’ai secoué ma crinière donc. Et je me suis regardée, en toute lucidité. Et ce que j’ai vu m’a fait redresser l’échine. Je n’irais pas, comme Hyppolite, dire que « Je me suis applaudi quand je me suis connu », mais, oui, je me suis redressée. Parce que, oui, je vaux la peine. Et non, je n’ai pas à le prouver. Ce que je fais, ce que je dis, ce que je suis sont déjà des preuves. Non, je n’ai à me battre pour de l’intérêt, du respect ou de la gentillesse. Comme tout le monde, je les mérite déjà. Je les mérite car je suis respectable, malgré mes défauts et grâce à mes qualités. Mes amis le savent, ma famille le sait, mes collègues aussi, même certains de mes élèves, c’est dire. Et c’est le plus important. Si les autres ne sont pas capables de le voir, si les autres ne se rendent pas compte de ma valeur -accompagnée de défauts, nous sommes d’accord- tant pis pour eux, pas pour moi. Moi je continuerai à être ce que je suis, à travailler pour m’améliorer, dans tous les domaines, et je partagerai les vies de ceux qui me regarderont telle que je suis, qui m’apprécieront à ma juste valeur, comme je le fais et ferai pour eux.

Ce sentiment, cette prise de conscience et de confiance, je vais m’efforcer de le garder. De le chérir et de le faire durer. Parce que je ne veux plus me sentir méprisée et méprisable. Je ne veux plus en souffrir. Je ne veux plus avoir l’impression de quémander quelque chose. Comme tout le monde, je mérite du respect, de la douceur et de l’intérêt. Je mérite qu’on se « batte » si on veut m’avoir, je ne suis pas un second choix, ni un troisième, ni un douzième, je ne suis pas un objet que l’on prend et que l’on jette au gré de ses envies (personne ne l’est!); je suis, comme toutes les femmes, une princesse qui mérite quelqu’un capable de se comporter en chevalier se battant pour conquérir sa dame… Parce que, oui, j’en vaux la peine!

Alors, ça y est. Le lion secoue sa crinière et écrit pour ne pas l’oublier. Pour se souvenir de ce sentiment, pour le graver quelque part. Pour le rendre pérenne. Pour ne plus jamais se rabaisser et être rabaissé, pour ne plus jamais supporter la maltraitance, volontaire ou non. Pour se rappeler de sa valeur. Pour se rappeler qu’il a le droit qu’on la reconnaisse, qu’on l’apprécie et qu’on le montre. Pour se rappeler qu’il n’a pas besoin de la marteler à tout bout de champ. Pour se rappeler qu’il a le droit à des égards, comme ceux qu’il donne, gentiment, gratuitement. Pour se rappeler que « Là où règnent force intérieure et confiance en soi, disparaissent méfiance, peur et doute ».

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s