« Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur ». Bruno Bettelheim

Les contes de fées… Je me suis rendue compte qu’ils faisaient partie des écrits qui jalonnent ma vie et mes articles, à l’instar de Phèdre ou des fables de La Fontaine. Il est d’ailleurs assez drôle, et je le remarque à l’instant, de noter qu’ils sont tous de la même période, le XVII ème siècle. Je dois avoir un amour particulier pour le classicisme. Bref, ce n’est pas le propos qui réside plutôt dans le fait de savoir pourquoi ils reviennent si souvent dans mon esprit, mes paroles, ma vie.

Si je vois bien un point commun entre les tragédies classiques, les fables et les contes c’est l’analyse de l’Homme, à travers ses vices et ses vertus.  Oui, si je les aime autant, si j’y pense aussi souvent, si j’en parle sans même en avoir conscience, c’est parce que tous, à leur manière, instruisent. C’est d’ailleurs le grand but des œuvres classiques: plaire et instruire. Et, en ce qui me concerne, le but est atteint, ils m’instruisent. Ils m’ont poussée à réfléchir grâce à leurs morales, explicites ou implicites. A réfléchir au sujet de la condition humaine, rien que ça, et à la mienne. Ils m’ont donnée des leçons de vie, comme par exemple cette morale du « Lion et du Rat », de La Fontaine : « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage », à laquelle je pense souvent. Phèdre aussi, évidemment, m’a appris beaucoup sur les autres et sur moi, mais ce n’est pas le sujet et il serait bien trop long d’en parler ici. Je veux parler des contes de fées…

Les contes ne sont pas pas que pour les enfants qui ne les comprennent, d’ailleurs, que partiellement. Les relire adulte ouvre d’autres portes de compréhension, d’autres degrés de lecture. Il y a aussi, sans doute, dans mon cas, une forme d’attachement à l’enfance, une envie de retourner au temps de l’innocence -pas des contes, car finalement, il n’y a rien de moins innocent qu’un conte-au temps des princes et des princesses auxquels on aimait croire. Et auxquels j’aime encore croire. Bien sûr, je l’ai déjà dit, je ne crois pas au prince charmant tel qu’il est dépeint dans les contes. Je ne crois pas non plus à la princesse issue de ces apologues, naïve, parfaite et un peu niaise, il faut bien l’avouer. Je ne crois pas non plus à la bonne fée venant, d’un coup de baguette magique, arranger tous les problèmes.  Non, si j’y crois encore, d’une certaine façon, ce n’est pas pour l’image d’épinal des princes et des princesses colportée par ces écrits, mais pour les valeurs qu’ils contiennent: le courage, la droiture, la loyauté, la vertu poussée à son paroxysme (comme Hippolyte…). Oui. Naïf, sans doute. Mais je crois que cela explique ma fascination pour les contes de fées. Ils véhiculent des valeurs, des qualités qui me séduisent et auxquelles je crois fermement. Et c’est finalement le cas pour les tragédies ou certaines fables car on y lit aussi des héros, grandioses, un peu vains, un peu absurdes, mais grands et nobles, capables de se mettre en danger pour leurs convictions, leurs amours, leurs amis. Je ne parle pas de noblesse sociale mais bien de grandeur d’ « âme », même si ce mot ne me plait pas pour sa teneur religieuse. Et c’est pour cette raison que, parfois, je me rêve en Blanche-Neige, ou en Cendrillon. Non, si j’en parle souvent, ce n’est pas parce que je rêve d’être la bonniche de nains ou le souffre-douleur d’une marâtre sadique mais bien parce qu’elles représentent, et leurs princes avec, des qualités héroïques, à mon sens.

C’est certain que dit comme cela, ça peut prêter à sourire… En effet, Blanche-Neige ou Cendrillon n’apparaissent pas, a priori, comme de grandes héroïnes puisqu’on voit surtout en elles des filles un peu gourdes. Oui, en partie. Mais elles sont aussi gentilles -pas dans le sens de brave, hein- courageuses et, surtout, pas rancunières puisqu’elles pardonnent. Bref, telles que je les vois, ce sont des sortes d’héroïnes du quotidien. Leurs princes aussi. Ils vont braver des dangers pour les conquérir et leur être fidèles. Alors, oui, ça peut faire ricaner, mais pour moi c’est important… Non pas que l’on brave un dragon après avoir traversé des ronces maléfiques pour aller poser ses lèvres sur les miennes, mais bien qu’on réponde à ses qualités princières que sont la loyauté, le courage, la droiture. Comme je dois y répondre. Et c’est pour cela que les contes reviennent si souvent dans ma bouche. Ce n’est pas parce que je rêve de me comporter en princesse capricieuse,  que d’ailleurs nos Cendrillon et autre Blanche-Neige ne sont pas.

Bettelheim dit donc vrai quand il dit que « Tout conte de fées est un miroir magique qui reflète certains aspects de notre univers intérieur ». Car dans mon intérieur, il y a une gamine qui rêve de héros. Il y a une petite-fille qui rêve d’être une princesse avec de jolies qualités et qui y travaille. Il y a une femme qui attend le prince, charmant ou pas, qui arrivera avec son courage et ses qualités héroïques. Puis, sans doute, il y a une femme qui, par bien des aspects, est encore une petite fille qui rêve de magie, de fées et de dragons.

 

 

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