« Faisons l’amour ce soir… (ou pas d’ailleurs) ».

Chose promise, chose due. Et j’ai presque honte d’infliger à mon blog les paroles du poète dont je vais parler. J’ai du, afin de pouvoir réaliser ce texte, donner de ma personne en malmenant mes oreilles déjà fragiles… Bref. C’est parti. Voici le chef d’oeuvre du dénommé KeenV, qui, à mon sens, s’est surpassé avec ce texte particulièrement poétique. Conseil d’amie, ne lisez pas son oeuvre en l’imaginant, lui, sous peine d’avoir fortement envie de gerber… Faites moi confiance, je sais de quoi je parle, je me suis coltinée les vidéos.

« Laisse moi te faire une confidence
Pour moi, ce n’est pas une coïncidence
S’il n’y a pas eu encore d’incidence
Alors j’imagine nos deux corps ainsi dansent
Alors, notons déjà, bel effort de style, les rimes riches en « dence », ce qui nous place tout de go dans de la poésie de haute voltige. Par ailleurs, nous pouvons remarquer une forte présence du « moi » -que nous retrouverons tout au long du texte, avec « je »- qui nous fait entrer de plein fouet dans le registre lyrique, celui des sentiments. Frissons garantis.
Néanmoins, à ce stade, nous pouvons nous interroger sur le sens des deux derniers vers… De quelle incidence parle-t-il? Mystère et boule de gomme. Je soupçonne qu’il ne le sache pas lui même et que le mot ait été placé là pour la rime. Quant au dernier vers, il semble évident que notre ami a oublié un « que », ce qui est savoureux quand on pense au thème du texte… Ahem.
Et j’te ferai de choses auxquelles t’as jamais pensé
Je passe sur la syntaxe et l’absence de négation, trop has been j’imagine, et je me demande quelles sont ces choses… Notons d’ailleurs que le très viril KeenV, non content d’être le Baudelaire des temps modernes, est aussi expert en matière de galipettes. S’il baise aussi bien qu’il écrit, ça promet effectivement de grands moments de bonheur.

 
Et si tu oses tu seras récompensée
L’emploi du verbe « oser » est particulièrement intéressant. La chanceuse demoiselle à qui il s’adresse va donc devoir accomplir un quasi exploit. Notons que le mec est lucide, c’est déjà ça. Il est dans la négociation, mais, qui ne tente rien n’a rien, comme dirait Jean-Claude Dus, sur un malentendu ça peut marcher. Par contre, niveau modestie, on repassera, confère le « récompensée »: baise avec moi, tu vas pas le regretter. Charmant. En matière de drague, on se pose là!
L’apothéose sera de te voir pencher
Et de ne pas flancher
Rimes riches, toujours, c’est merveilleusement écrit. Promesse de l’orgasme grâce à cette superbe métaphore « te voir pencher »… La syntaxe n’étant toujours pas très claire, l’excitation sans doute, j’imagine que c’est lui qui ne flanchera pas. Oui, l’homme saura se retenir afin de contenter la dame de ses pensées. C’est beau.

T’auras le don de pouvoir éveiller tous mes sens
Quand tes doigts vont toucher à ma tumescence
Comme l’impression d’être retourné à l’adolescence
C’est chaud …
Donc ralentissons
Bien. Le KeenV sait faire rêver en parlant de « tumescence », aka d’organe enflé. L’auditeur averti verra la métaphore, les autres ouvriront un dictionnaire. Notons la poésie du terme médical qui fait toujours son petit effet. Je laisse ces dames imaginer leurs réactions, non pas si KeenV leur demandait de toucher sa tumescence – ou alors se munir d’un seau, l’estomac est parfois capricieux- mais si l’homme de leurs pensées le leur demandait… Pour ma part je pense que le dit organe enflé se dégonflerait rapidement, rapport au rire de hyène qui me prendrait.
Par contre, on remarquera que si l’homme ne veut pas flancher va falloir arrêter de jouer avec la tumescence madame, et plus vite que ça! Gourgandine! Ralentis qu’on t’a dit! Sinon, tu risques de faire face à un petit problème d’éjaculation précoce puisque j’imagine que c’est le message sous-jacent de « comme j’ai l’impression d’être retourné à l’adolescence ». Frais.

Faisons l’amour ce soir
Jusqu’au petit jour
Unis dans le noir
Je ferai tout pour te voir
Heureuse et comblée encore et encore
Oui, bon, un classique. L’homme s’enflamme, croit qu’il a 20 ans et qu’il va tenir la marée tout la nuit. C’est mignon, ne brisons pas ses rêves. Ne brisons pas non plus ceux concernant le « comblée encore et encore »: contente toi d’y arriver une fois, ne sois pas trop présomptueux. Par contre, il semblerait que notre poète soit aussi nyctalope, ce qui est une autre corde à ajouter à son arc déjà bien bandé, rapport à la tumescence…

 

Regarde-moi dans les yeux
Je suis à toi si c’est ton voeu
Oui, on fera ce que tu veux
Le petit Kevin semble avoir oublié qu’ils sont dans le noir… Si lui est nyctalope, comment fait elle, la chanceuse qui partage sa nuit, pour le regarder dans les yeux alors qu’elle ne le voit pas? J’imagine que c’est une licence poétique, une métaphore de quelque chose, mais peut-être suis-je trop confiante quant aux capacités littéraires de notre ami.
Mais ne joue pas avec le feu
Prends garde à ne pas te brûler
J’vais stimuler toutes tes envies dissimulées
Sans simuler
L’homme est chaud comme la braise, topos récurrent (d’ailleurs notre ami Kendji nous l’utilise aussi, mais en espagnol, c’est plus classe) et la demoiselle risque de ne pas s’en remettre. Ouais, bof,  des promesses, toujours des promesses. Notons la jolie paronomase « stimuler/simuler », très bel exercice de style. Remarquons aussi les qualités de télépathe du mâle à la virilité enflée qui, en plus d’être nyctalope, lit dans les pensées, rapport à « j’vais stimuler toutes tes envies dissimulées ». J’en suis toute retournée. Je me permettrais juste, mauvaise langue que je suis, de prévenir monsieur que si lui ne simulera pas, pas certain que ça soit le cas pour la demoiselle.
Oui, je ne vais pas me faire prier
Pour te déshabiller
Je veux juste voir tes yeux briller
En te faisant vaciller, écoute ..
Je vais faire en sorte de combler chacune de tes envies
Je vais tellement te donner que tu te sentiras en vie
Je cocherai la liste de tes voeux pour qu’ils soient assouvis
Je n’arrêterai pas jusqu’à ce que tu trembles et que tu me cries
Oh oui !!
Je dois dire qu’à ce point, je suis presque sans voix et à deux doigts de chercher le numéro de l’étalon qui serait capable de me faire sentir en vie. Parce que oui, n’oublions pas que nous, femelles, nous sentons toujours mortes dès lors qu’un mâle n’est pas entre nos jambes… Le mec nous réinvente Walkind Dead au pieu. Possible aussi qu’il fasse référence à son précieux fluide vital, symbole de la vie, mais là peut-être que j’analyse trop profondément… Bon, sinon, toujours la même chose: promesse de l’orgasme incroyable qui te fera trembler ciel et terre et dont la demoiselle mettra les 15 prochaines années à se remettre, laissant un souvenir ineffable de ce merveilleux amant, qui aura, de sus, eu l’incroyable initiative de la déshabiller – ce qui est en effet plus pratique. Quel homme!

 

Je vais huiler ton corps en le massant dans le but de te détendre
Si t’en veux encore soit dit en passant, demande seulement de descendre
tantôt sensuel tantôt dominant afin de te surprendre
Fais moi confiance après ça tu diras que je suis le seul homme à avoir su te prendre
Ben tiens! Qu’est ce que je disais: personne n’aura jamais honoré la donzelle comme cet étalon/poète à la modestie incroyable! Notons la référence subtile au cunnilingus ou à la masturbation grâce à l’image « demande seulement de descendre ». C’est beau, c’est frais, c’est poétique. Et,surtout, ça fait rêver, tout comme les tours de passe-passe dignes d’Houdini que le Rocco des hits parades promet avec son « tantôt sensuel tantôt dominant ».

 

Le rythme de mes coups de reins donnera la cadence
L’intensité des va-et-vient montrera la décadence
Pour ton plaisir j’userai de toute mon expérience
Et comblerai chacune de tes espérances
Là encore, je ne suis pas certaine que le mot décadence soit bien employé, mais nous ne sommes plus à ça près, et j’imagine que c’est  encore une paronomase bien employée. Mis à part cela, les promesses se précisent et notre gourgandin promet une pénétration de qualité, après avoir joué avec sa tumescence (mais pas trop hein), l’huile et sa langue/ ses doigts. La chronologie est respectée, on ne déroge pas aux règles des préliminaires, sinon on n’aurait plus rien compris et ça aurait été chiant. Trop de suspense tue le suspense. Je suis d’ailleurs étonnée que nulle mention n’ai été faite de la fellation, grâce à une métaphore légère comme « la bouche pleine ». Je suis d’ailleurs limite déçue.

Bref, je suis toute retournée par ce magnifique texte qui ferait passer les échanges de lettres de Musset et Sand pour des pudibonderies.
Allez, pour le plaisir, comme dirait Herbert Léonard, c’est bien, on reste dans le thème, voici la chanson.

Cela dit, pour répondre à la question implicite de notre héros des matelas: non merci, ça ira, je crois que ça serait trop pour moi.

https://www.youtube.com/watch?v=LWSqaCb0srY

 

 

 

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