De la littérature…

Aujourd’hui, petite leçon de littérature! Après KeenV, voici Ridsa…

« Laisse-moi là, j’atterris
J’avoue ; là, c’est pas mal
On me dit qu’j’suis un génie « 
Bien. Le sens de ces premiers vers (oui, bon…) semble abscons.On ne sait effectivement pas à qui l’homme s’adresse et encore moins d’où il atterrit.Cela dit, il semble content, rapport au « J’avoue ; là, c’est pas mal » qui contient une magnifique litote. Monsieur est littéraire, on le sent tout de suite. D’ailleurs, il manie aussi l’hyperbole avec « On me dit qu’j’suis un génie ». Tel le Danton des temps modernes, il fait preuve d’audace en foulant aux pieds la modestie. Par contre, personne ne semble lui avoir dit que « on » est un con… Ce qui prend tout son sens ici car ce « on » crie au génie un peu rapidement. Un audacieux encore, sans doute.

« Un conseil ne te frotte pas
J’aime ce goût de vanille
Sur ta peau toute bronzée  »
Notre Danton s’avère être le cousin caché de KeenV, séducteur lui aussi. Tout comme son cousin, il est chaud-bouillant et a des difficultés à calmer ses ardeurs, comme nous l’illustre la première phrase. Cela dit, il semble confondre la femme avec un animal, j’ose à peine imaginer lequel… Bref, il semble ignorer qu’une femme, à l’inverse des canidés, ne se frotte pas aux gens, a priori, et que s’adresser à une demoiselle en usant de l’impératif peut, éventuellement, faire mauvais effet.
Je passe les histoires de goût de vanille et de peau bronzée tellement c’est convenu et navrant.
Par contre, ne nous épuisons pas à chercher un lien logique entre les phrases, il n’y en a tout simplement aucun… J’imagine que c’est une fine référence à la fameuse tirade de Sganarelle, mais peut-être que mon imagination est trop féconde…

« Bébé, me dis pas qu’tu m’kiffes
Car j’ai même pas commencé  »
Mmm… Et voici le retour de la modestie et de l’absence de négation (cf le cousin). Par contre, notons que le monsieur fait monter un suspense quasi insoutenable! En effet, à ce moment de la chanson, tout auditeur se demande, tremblant, ce qu’il n’a pas commencé…

« Monte le son, baisse d’un ton
À tout moment, j’peux passer à l’action
Attention, pas d’question
Calmement, on y va sans
pression »
Les choses se précisent! L’homme continue à s’adresser à la dame de ses pensées comme il s’adresserait à une chienne, rapport aux impératifs. Il semblerait que ce monsieur veuille absolument montrer sa virilité et son autorité naturelles. Effet garanti sur la femelle qui, comme chacun le sait, attend le mâle dominant qui saura la remettre à sa place et lui faire fermer sa grande gueule.
Par ailleurs, notons l’usage de l’antithèse avec « baisse » et « monte ». Ridsa aime brouiller les pistes: audacieux et joueur, tout un programme!Il semblerait aussi que monsieur soit imprévisible et aime renforcer le suspense précédemment mentionné: quand va-t-il agir? Mystère! Le jeune homme a bien appris sa leçon -leçon dispensée par les mâles sages qui ont compris, eux, comment fonctionnaient les femelles: les donzelles aiment les hommes mystérieux! Mais, attention, elles aiment aussi les gentlemen, ainsi il promet que les choses iront calmement et sans pression. En effet, pas question de chopper la princesse par les cheveux et de la forcer,  il sait se tenir! Autoritaire mais civilisé!

«  Et j’m’enjaille-jaille-jaille
Là c’est die, die die
J’fais mes bails bails, bails
Vas-y whine, whine, whine  »
Et voici un bien joli refrain, qui n’est pas sans rappeler la grande époque de K-Maro et sa verve franglaise. On a les références qu’on peut… Bon, sinon rien de neuf sous le soleil à part que le poète ne connait pas le pluriel de bail, mais cela n’étonnera absolument personne, même pas lui et d’ailleurs il s’en tamponne. Bref, monsieur a fini par serrer la demoiselle qui gémit, évidemment, puisque comme son cousin c’est un étalon. Je suis extatique.
Néanmoins, légère réserve sur le « là c’est die » qui est d’ailleurs le titre de la chanson. De quoi parle t’il? De quelle mort s’agit il? Nos oreilles, notre cerveau, le sien, la poésie, la langue française? Est il nécrophile?  Je m’interroge.

« C’est la crise, oh la la la
Ça va vite, oh la la la
Hé, la miss, oh la la la
French kiss, oh la la la
J’ai trop d’vices, oh la la la
J’fais la diff’, oh la la la
Numéro dix, oh la la la
Ah, tu m’kiffes, oh la la la
 »
Il semblerait que le parolier ait décidé de jeter l’éponge, et on le comprend. Il s’est donc dit qu’il allait meubler avec « oh la la la », ce qui lui fait gagner 4 syllabes. Pas idiot!
Encore une fois, rien de nouveau: l’homme est chaud comme une baraque à frites, il colle sa langue où il peut, il joue au Marquis de Sade en mentionnant ses vices, se vante éhontément de ses performances, n’en peut plus d’être lui même, bref, nous sommes toujours sur le thème de l’audace. Il y a quand même une certaine logique.

« Et ça parle dans mon dos
Comme s’ils étaient en train d’me masser »
Alors, comment dire? Cette comparaison me paraît hasardeuse… Je ne comprends pas. Mais, peut-être mon QI est il trop bas pour accéder à ce genre de poésie ou, et c’est une option, l’homme est il trop mystérieux pour la pauvre femelle que je suis.
Comment interpréter ces deux phrases: paranoïa? Ego hypertrophié? Mon instinct me fait pencher pour la deuxième solution mais je peux me tromper…

« Mec, regarde ta go
Depuis t’t à l’heure, elle fait qu’me fixer  »
Ah non! Je ne me trompe pas! Nous sommes bien face à un ego surdimensionné. Le mâle est tellement irrésistible que les femmes n’ont d’yeux que pour sa plastique irréprochable, proche de celle de Clooney himself. Notons d’ailleurs que la femme a une légère tendance à l’infidélité. Normal, c’est une chienne, nous l’avions compris.

« Hola que tal, salam, hello
J’veux juste des kiss et kiffer glisser
Paire d’Ray Ban, classico
Je n’joue pas pourtant, t’es bluffé  »
Ridsa en profite pour nous montrer ses talents de polyglotte. Ainsi, non content d’être un Don Juan, monsieur est érudit. Tant de qualités réunies dans un seul être me laisse pantoise.
Ce qui me laisse pantoise aussi c’est le « kiffer glisser ». Mon esprit, surement mal tourné, normal, je suis une femme, aka une chienne en rut, m’y fait voir une métaphore sexuelle. Mais, je suis surement aveuglée par mes hormones.
Quant au reste, là encore, je cherche le sens… « Mais t’es où? Mais t’es pas là, mais t’es où? ». Je crois que Vianney résume assez bien mon désarroi.

« Ce soir, je traîne en Gamos
Je sens une main passer dans mon cou
J’suis accompagné d’une bastos
J’suis en love ; hé oui, je l’avoue
Elle veut m’faire goûter son gloss
J’pense pas qu’j’vais t’donner ma joue
J’crois qu’elle veut me faire un gosse »
Voici enfin le dernier couplet. Et quelle poésie! Pour un peu on se croirait dans un conte car je ne peux m’empêcher de faire un parallèle avec le fameux « et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». En effet, on sent le happy end dans la dernière phrase, la femme, utérus ambulant, a enfin ferré le bon reproducteur! Reproducteur qui, en plus d’être plein de testostérone, est malin comme un singe. En effet, il a compris, tout seul, sans que personne ne lui ai dit, que le gloss se portait sur les lèvres et que s’il voulait y goûter, il ne devait pas tendre sa joue. Je propose le prix Nobel pour notre intellectuel. Cela dit, je me moque, mais on a vu pire… Au moins celui-ci prend des initiatives, ce qui n’est pas donné à tout le monde. Bref, passons.
Remarquons que cette histoire de gloss vient compléter celle du french kiss plus haut, ce qui nous donne une jolie métaphore filée.

Ainsi, cette chanson, magnifiquement écrite et pleine de valeurs intéressantes et prônant l’égalité homme/femme, devrait rester dans les annales. Avec 2 n, c’est mieux, sinon c’est compliqué pour faire des gosses… Ouais, c’est de bon goût, je sais,  merci.

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