« Combien de lâches sont venus ici , Courir chimères à coup de fusils ? » Feu! Chatterton

Cela fait quelques mois, 10 pour être précise, que je me suis rendue compte que je suis complètement inadaptée au monde qui m’entoure. Pire, j’ai réalisé que sur bien des points j’ai la naïveté d’un enfant. C’est ça. En fait je suis une enfant coincée dans un corps d’adulte, dans un esprit d’adulte. C’est drôle car je n’ai jamais trop aimé être une enfant. Pourtant, de l’enfance j’ai gardé cette naïveté, cette incompréhension des réactions des autres, de certains de leurs comportements. Et l’enfant qui est en moi, la petite fille que je suis, ne comprend pas que tout soit si compliqué, que tout soit si difficile.

Depuis 10 mois et ce jour de mon anniversaire, je l’ai déjà dit, j’ai profondément changé et je crois que c’est là que j’ai aussi réalisé mon inadaptation, le fait que je sois étrangère à ce qui m’entoure. Comme Meursault, je me sens étrangère car je ne comprends pas certains liens sociaux. Quand, le jour de mes 33 ans, j’ai été soudainement effacée, quand on a réinventé ma vie, modifié les faits, qu’on m’a chargée de fautes que je n’avais pas commises -non pas que je n’en ai pas à me reprocher, mais pas celles-ci- ça a dépassé mon entendement. Je n’ai absolument pas compris comment on pouvait, d’un revers de la main et avec une telle indifférence, rayer quelqu’un avec qui on a partagé tant de temps et réécrire totalement l’histoire. Je n’ai de plus pas compris pourquoi cela se faisait dans une telle violence, avec tant de mensonges. Aujourd’hui encore, cela reste un mystère pour moi. Et je crois que cela le sera toujours. Parce que, et c’est là le fond du problème, je suis incapable de comprendre pourquoi les gens n’assument pas ce qu’ils font, préfèrent le mensonge à la vérité, la guerre à la paix, et pire, se mentent à eux-mêmes en étant incapables de reconnaître leurs erreurs. Et c’est là que réside ma naïveté.
Je ne suis pas parfaite, loin de là. Cependant, si j’ai bien une qualité, je crois que c’est celle d’être capable d’assumer mes actes et de m’excuser quand j’ai tort. Cela peut me prendre du temps, celui de la réflexion, mais je le fais. Je n’ai pas de problème à le faire, je ne me sens pas diminuée quand je présente des excuses, je ne vois pas cela comme un signe de faiblesse. Cela ne veut pas dire non plus, quand je le fais, que j’estime que les autres sont innocents de tout. Non. Cela veut juste dire que je reconnais avoir commis des erreurs, que ce n’est pas toujours, voire jamais, uniquement de la faute d’autrui. Je reconnais que tout problème trouve une cause en moi, même si je n’en suis pas l’unique responsable. Mais j’ai toujours une part de responsabilité. Alors, j’y réfléchis et, quand j’estime que c’est important, je m’en excuse et j’essaie de réparer ma faute. Et, depuis 10 mois, je me refuse à attaquer sur les points faibles des autres, je refuse catégoriquement de verser dans la méchanceté quand je me sens attaquée. Ce qui ne veut pas dire que je ne blesse pas, parfois. Mais si cela arrive, je ne le veux pas, je n’en ai pas l’intention. Je fais alors preuve de maladresse, mais jamais, jamais, je ne vais attaquer là où ça blesse ou dire des vérités douloureuses. Comme tout le monde, je le pourrais. Mais je me tais. Parce que cela n’a jamais élevé personne. J’essaie donc, dans le mesure du possible, de me comporter correctement, de ne pas tomber dans la bassesse. Et, surtout, je me pose toujours la question de ma responsabilité.

Or, sans m’ériger en sainte à la vertu aussi exemplaire que rare, il est évident que peu se la pose. Ainsi, je me retrouve confrontée à des situations qui me blessent et qui sont mystérieuses pour moi. Bien sûr, on peut tout simplement décider que les gens qui ne se remettent jamais en question, qui rejettent la faute sur les autres sont des idiots indignes du moindre intérêt. Certains le sont surement. Pas tous. Enfin, je crois. Je crois surtout que c’est plus compliqué que cela.
En effet, il me semble que beaucoup de ceux qui sont constamment en guerre contre les autres, qui sont incapables de regarder leurs manquements et qui donc accusent autrui de tous les maux, sont en fait en cruel déficit d’estime d’eux mêmes. De fait, pour vouloir avoir toujours raison, pour verser dans l’agressivité constante, pour refuser la différence de l’autre, et donc ses maladresses, il faut avoir un problème avec soi. Fondamentalement, quelqu’un en paix avec lui même ne sera pas en guerre avec les autres. Naturellement, cela n’empêchera pas les disputes, les désaccords, mais ceux-ci seront rapidement apaisés par une remise en question, une reconnaissance des torts et une volonté de changement des deux parties. Or, quand on n’est pas bien avec soi-même, quand l’estime de soi fait défaut, cela semble impossible car c’est finalement une remise en cause profonde de son être, de son mode de fonctionnement. Et donc un risque de vaciller. Les excuses sont ainsi vues comme une faiblesse car il y a volonté, plus ou moins consciente,  de prendre un pouvoir sur l’autre, dans l’espoir de regagner le pouvoir sur soi.
De plus, ces personnes ayant une estime d’elles assez basse ont monté des défenses pour se protéger. Consciemment ou non. Ces défenses ont pour but de tenir à distance toute personne qui pourrait mettre le doigt, volontairement ou pas, sur le dysfonctionnement, sur la faille. Ainsi, quand une défense est attaquée, la personne va devenir agressive, de mauvaise foi, va se mettre en colère pour se protéger. Pour ne pas être mise à nue, pour cacher les failles. Parce qu’elle se sentira assiégée, attaquée. Ce qui n’est pas forcément le cas. Mais elle le vivra de cette façon. Il y a d’ailleurs de fortes chances pour qu’elle ne se rende pas compte de son comportement belliqueux car elle aura l’impression d’avoir été agressée la première. Et de son point de vue, c’est vrai. Aussi, quand on viendra lui faire remarquer ses actes, elle ne les reconnaîtra pas, tout simplement parce qu’elle sera dans l’incapacité de se remettre en question, puisqu’elle aura réellement l’impression de n’avoir fait que se défendre. Foncièrement, elle ne le fait pas exprès, pour nuire ou être odieuse. Elle est juste coincée dans un schéma, victime de ses failles, de ses défenses, de ses traumas.
Par conséquent, toute discussion devient difficile, voire impossible. Car vous ferez face à un mur infranchissable, en béton armé. De surcroît, plus vous essaierez d’argumenter, plus l’autre se nourrira de votre argumentation, souvent avec agressivité, pour la retourner contre vous et la tourner à son avantage. Et, si vous vous excusez, réalisant que vous avez blessé sans vous en rendre compte, vos excuses seront vues comme une absolution pour celui/celle qui les reçoit et une reconnaissance de vos seuls torts. Ce qui ne veut naturellement pas dire que vous n’en avez pas, ou qu’il ne faille pas s’excuser… Juste que rien de ce que vous ferez ne sera pris comme vous le désiriez. Mais qu’importe, je crois qu’on ne s’excuse pas pour avoir quelque chose en retour, on le fait, ou devrait le faire, juste par droiture morale.
Alors, si je comprends les raisons qui amènent à ce genre de comportements, il n’en reste pas moins qu’ils sont difficiles à vivre. Car, pour moi, ils relèvent clairement de la guerre d’ego.En effet, c’est toujours l’ego qui mène les batailles. Et, faire face à un ego abîmé est épouvantable. Surtout que, et cela me déplaît fortement, il m’est arrivé de laisser le mien répondre à l’agression par l’agression. Et je trouve cela détestable de ma part. Parce que, après avoir tourné le problème dans tous les sens, je suis arrivée à la conclusion que c’était une manifestation d’un orgueil mal placé. Oui. Si j’ai répondu par l’agressivité, parfois, c’est parce que je n’ai pas supporté de me sentir prise pour une idiote, je n’ai pas supporté que l’autre ait l’impression de « gagner ». Alors que je sais, vraiment, que c’est faux. Et, fondamentalement, je n’aime pas cela chez moi. Je trouve cela stupide. Car quelle importance si l’autre pense avoir raison, pense avoir gagné la bataille? Aucune. Et je suis agacée contre moi d’avoir, parfois, voulu rentrer en guerre pour quelque chose qui n’en vaut pas la peine, c’est à dire la part sombre de mon ego, qui correspond, elle aussi, surement à une faille. Je n’ai pas besoin de cela. Je n’ai pas besoin d’affrontements, encore moins dans la colère ou l’énervement. Et, surtout, je n’ai pas besoin, ni l’envie, d’alimenter les guerres par un comportement stupide que je réprouve fortement. Oui. Clairement, je suis déçue par moi d’avoir eu un comportement qui me débecte chez d’autres quand j’aurais dû lâcher prise et ne pas rentrer dans une bataille stérile. L’orgueil, le mien, est une chose peu reluisante.
Cependant, j’ai présenté des excuses, sincères, à chaque fois. Parce que, comme je l’ai déjà dit, je n’ai pas de souci avec le fait de demander pardon. Ce n’est pas un aveu de faiblesse, c’est un aveu d’erreur, c’est un drapeau blanc. Si mes excuses ont été prises autrement, si je les ai senties, parfois, méprisées, peu me chaut. Elles ont au moins le mérite d’exister.Et, si elles existent, si je les présente, c’est pour deux raisons. La première est naturellement pour l’autre, pour qu’il se sente respecté, pour qu’il sente que j’ai écouté, réfléchi et reconnu ce qu’il a dit. Je crois que c’est important. La deuxième est pour moi, pour mon karma. C’est cette même raison qui me retient de balancer des horreurs aux autres, qui me retient de laisser la colère m’envahir. Je pense sincèrement que chaque action que l’on fait nous revient, tôt ou tard. Et je ne veux pas que  des vilaines choses me reviennent. Je veux simplement la paix et des jolies choses, pour les autres, et pour moi.

Voilà où, je le crois, réside ma candeur. Parce que, parfois, j’ai l’impression d’être Gandhi dans un monde de violence. Non pas que je me compare au sage qu’il était, je ne lui arrive évidemment pas à l’orteil, mais je pense que l’image est parlante.
Parce que, même si je ne suis pas parfaite, même si je commets des erreurs, des maladresses, même si je blesse, j’essaie toujours de réparer, de rectifier le tir. J’essaie toujours de reconnaître mes torts, de le faire savoir. Or, parfois, les réactions sont blessantes, condescendantes, hautaines. Une amie m’a dit que ces réactions en disaient beaucoup plus sur les autres que sur moi, dans le sens où cela était révélateur de leurs personnalités, pas de la mienne. Elle a raison, comme toujours (oui bichette!). Mais cela blesse quand même. D’autant plus que, je l’ai déjà dit, je ne comprends pas. Du tout. Parce que dans ma tête de gosse, les gens ne veulent que la paix, que des jolies choses. Dans ma tête de gosse on fait tout pour que la relation aux autres soit jolie et douce. La voilà ma naïveté…
Alors, oui, je pense souvent aux princes et aux princesses, oui, je me réfugie dans les livres, dans les romans, les fables, la poésie, la philosophie. Oui, je me soûle de musique avec des paroles qui me tordent le ventre. Oui, je me réfugie ici où j’écris des histoires, la mienne souvent, où je fais passer des messages que je veux jolis, même s’ils sont parfois pris tout autrement et que je ne comprends pas. Oui, je rêve comme une petite fille.Oui, j’essaie d’enchanter la vie, la mienne, celle des autres, de ceux que j’aime: j’essaie d’avoir des petites attentions, de montrer que je pense à eux; même si depuis quelques temps ça m’est difficile. J’essaie de leur apporter un peu de beauté. Parce que la réalité crue me blesse, me soulève le coeur. Parce que je ne comprends qu’on puisse ne pas voir que je viens en paix. Je ne comprends pas ce que j’ai fait quand tout dérape, j’ai l’impression d’être une gamine que l’on gronde.Et je ne suis pas capable de me défendre en attaquant, en mordant, en étant agressive. Pas que je n’en ai pas la capacité, non, je ne le veux juste pas. Et quand je l’ai fait, je me suis détestée pour ça. Sauf que cela implique que, certaines fois, je ne sois pas prise au sérieux, que je sois blessée donc. Je suis donc une putain d’inadaptée sociale, une putain d’étrangère. Parce que je ne veux pas, moi, devoir me défendre sans cesse, devoir faire face à l’agressivité. Car, au fond, je suis juste une enfant, pleine de candeur qui veut juste le beau, l’émerveillement. Une enfant qui sait qu’elle fait des erreurs mais qui voudrait juste les réparer et qui croit, candidement, que c’est toujours possible. Qui croit que vouloir évoluer, s’améliorer, approfondir la connaissance de soi et des autres est la clef. Qui croit que cela sera reconnu à sa juste valeur, un jour. Qui croit qu’on ne peut « courir les chimères à coups de fusils. »
Mais, je crois que c’est moi qui vit dans une chimère, une réalité parallèle peuplée de rêves de prince et de princesse, de chevalier et de gentilhommes… Parce que je ne l’aime pas la réalité telle qu’elle est.

 

 

Alors,moi, la gosse, l’étrangère, l’inadaptée, la petite fille un peu conne, je m’accroche à un proverbe qui dit que la façon dont les gens nous traitent relève de leurs karmas, celle dont on réagit, du nôtre. C’est sans doute naïf, encore, mais ça m’aide à tenir le cap, à rester sur le chemin que je me suis dessiné. Je n’ai pas tellement envie de musarder en dehors…

 Et puis, excusez, c’est décousu… RIDEAU.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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