“Les mots il suffit qu’on les aime pour écrire un poème.” Raymond Queneau

Je l’ai souvent dit, trop peut-être, mais les mots ont un sens. on ne peut pas employer n’importe quel mot, n’importe quand, sans que le sens n’en soit affecté, sans que la valeur de ce que l’on dit ne soit diminuée ou, au contraire, exagérée. C’est quelque chose qui m’exaspère profondément: je trouve fatigant de devoir interpréter des paroles car les termes n’ont pas été choisis avec soin. Cela dit, même quand c’est le cas, je me rends compte qu’ils ne sont pas toujours bien compris, puisque chacun les entend selon un prisme qui lui est propre ou, et cela arrive plus souvent qu’on ne le pense, ne les comprend pas par défaut de vocabulaire. Mais, il y a quelque chose qui me tape sur le système au plus haut point: les expressions idiotes, les fautes de langage, les mots mal employés. Histoire de rire, ou pas d’ailleurs, en voici un florilège.

  • Certaines femmes emploient des expressions ou des termes, que je juge insupportables, pour parler de ce qui touche à certaines parties de la féminité. C’est ainsi que fleurissent des « gygy » à la place de « gynéco », de « reds », « rouges » ou « rrrrrr » à la place de « règles »… C’est vrai que ce sont des choses tellement honteuses qu’il vaut mieux employer des termes débilitants pour les désigner! Sérieusement, je ne sais pas à quoi c’est lié, si c’est une espèce de honte de la part de celles qui emploient ces mots ou une volonté de ne pas gêner le sexe masculin en employant des termes clairs, mais c’est incroyablement puéril! Non mais sérieusement, « gygy »! Je suis navrée mais je ne vais pas chez le gygy mais chez le gynéco, je n’ai jamais eu mes reds mais bien mes règles et je n’ai pas des bisounours qui m’apportent mes serviettes hygiéniques à dos de licornes. Et personne n’est mort de m’entendre prononcer ces mots, surtout pas moi. Je trouve que d’utiliser des termes dignes d’enfants -et encore- donne une image navrante des femmes et de leur féminité. C’est pas une honte d’être une femme hein.
  • D’autres membres de la gente féminine, souvent les mêmes que celles dont je parle au-dessus d’ailleurs, parlent de leur mec comme de leur « zhom ». Heu? Alors déjà je ne suis pas ultra fan de l’expression « mon homme », mais alors « mon zhom » me laisse sans voix. Je ne sais même pas quoi en dire tellement… Non mais « zhom » quoi! Sérieusement, mesdames, on n’a pas 4 ans et demi!
  • Dans le style faute de français insupportable qui me donne envie de trucider des chatons se trouve « je n’en ai pas fait exprès » au lieu de « je ne l’ai pas fait exprès ». Alors je ne vais pas me lancer dans un cours de grammaire, mais pour la faire courte le « en » doit remplacer quelque chose. On ne dit donc pas « T’en fais exprès de pas me répondre? ». Enfin, si, on peut hein, on fait bien ce qu’on veut, mais ce n’est pas français et j’en ai ras-la-pomponnette d’entendre ça à longueur de temps.
  • Une autre expression qui me rend hystéro c’est le pléonasme « au jour d’aujourd’hui » qu’on entend à tour de bras! Je crois que les gens trouvent que ça fait classe, que ça donne l’illusion d’une maîtrise de la langue… Bah non, loupé! C’est juste très con et très moche et ça ne veut pas dire grand chose. Ouais. Dites « aujourd’hui » et ça sera très bien. C’est plus court en plus.
  • Parmi les fautes de français qui me tapent sur les nerfs ( et je ne parle même pas de croiver et voyer, verbes bien connus), se trouvent « celui-là qui » et « la maison en face la boulangerie ». Alors, que dire… Quand j’entends ces fautes, j’ai des envies de meurtres. Puis, faut bien le dire, j’ai l’impression terrible de me retrouver avec un paysan illettré du XIXè! Ouais, ça fait de moi une épouvantable snob mais j’assume très bien.
  • Est-ce-que je parle de « je vais au coiffeur »? Hmmm…. Nan. Je sens déjà mon ulcère qui se réveille.
  • Une dernière pour la route, parce que, justement, je pense à mon ulcère, c’est le « sac à bidule », « l’anniversaire à machin », « la bite à Dudule ». Une bonne fois pour toutes, on dit « des crottes DE nez » pas « des crottes à nez » et « un fils DE pute »pas « un fils à pute ». Merde!

Alors, ouais, c’est vrai, « les mots il suffit qu’on les aime pour écrire un poème » mais il suffit qu’on les aime pas, ou qu’on s’en tape, pour écrire leur épitaphe.

 

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